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N° 100

Lycées et Armée

28 mars 1973

LYCÉES ET ARMÉE

Nous ne nous étions donc pas trompés en annonçant un printemps de révoltes. Le mars des lycéens ne pouvait nous surprendre. Depuis cent semaines que ce journal existe, nous avons multiplié les analyses montrant que la révolte était latente, qu’elle éclaterait tôt ou tard dans certains secteurs et en particulier chez les jeunes, les 15-25 ans. Elle est venue avec la contestation de la loi Debré. Elle pouvait venir à une autre occasion. Si demain, un arrangement intervient qui supprime la cause occasionnelle du conflit, on ne reculera que pour mieux sauter. (Cela ne signifie pas que le problème de l’armée soit sans importance pour les jeunes. Loin de là, mais il ne se comprend pas si on l’isole). Cela veut dire que le système s’est enfermé dans une insurmontable contradiction qu’il ne peut lever lui-même. Elle tient à sa nature même. La faire disparaître reviendrait à le faire exploser. C’est un problème de société qui est posé et qui trouve avec la révolte lycéenne une expression privilégiée. Si tout est parti de la question du sursis, c’est pour une raison simple, étrangère à l’antimilitarisme latent d’une partie de la jeunesse. Elle imposait aux lycéens une échéance précise, celle des vacances d’été où ils seraient incorporés. La prise de conscience a été rapide, produisant un sentiment d’unanimité et de solidarité sans précédent. Leur avenir commun leur semblait à tous compromis par cette coupure dans l’existence, cette sorte d’initiation tribale démocratique qui constitue le service militaire...

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